M. Bercot, directeur chez Citroën, voulut vite une concurrente pour la 4L, l'Ami 6 Opéra étant sur un autre segment. Il en dressa lui-même le cahier des charges :
concurrencer la Renault 4 ;
équiper le modèle d'un hayon (au fond il était contre, cela faisait trop « utilitaire ») ;
limiter la puissance fiscale à 2 CV fiscaux – la 4L en avait quatre ;
fabriquer à moindre coût, donc réutilisation de nombreuses pièces 2CV et Ami ;
utiliser les chaînes de montage de la 2CV.
Ce dernier point fut déterminant pour la Dyane. La ré-utilisation des chaînes de montage de la 2CV permettrait de grosses économies. Et si le nouveau modèle se vendait bien, la production de la 2CV pourrait facilement être cannibalisée par la nouvelle-née.
Le revers de la médaille fut que les dimensions extérieures de la voiture étaient pré-déterminées : la nouvelle voiture ne pourra être plus large que la 2CV.
Bercot eut un problème d'organisation. De plus, le bureau d'études était débordé de travail. Le chef de bureau, M. Flaminio Bertoni, venait de décéder et M. Robert Opron nommé comme son successeur. Au programme il y avait, à l'époque, le restylage de la DS, celui de l'Ami 6 et autres projets comme la F, etc. Bercot décida de sous-traiter le dessin au bureau d'études de Panhard et Levassor. Cette maison venait d'être acquise en partie par Citroën.
Chez Panhard, c'est M. Louis Bioner qui est chargé du dessin. Dans son dessin, on retrouve assez d'éléments styling en « V » ou trapézoïdaux, comme le dessin des montants de pare-brise ou le dessin des premiers volants. Il n'est pas évident que c'était un élément voulu. Quand Bionier montra ses premiers croquis à la Direction de Citroën, elle ne fut pas satisfaite. L'avant était trop lourd et ressemblait trop à l'Ami 6. L'arrière n'enthousiasma pas non plus la direction.
Peaufiné par Citroën
Au lieu de renvoyer M. Bionier pour refaire ses devoirs, Citroën laissa le travail de peaufiner les dessins à M. Jacques Charreton, collaborateur de M. Opron, qui venait d'être embauché chez Citroën. On lui doit le nez et la proue caractéristiques de la Dyane.
Les portes concaves de la Dyane ne sont pas une plaisanterie de styliste. M. Opron a expliqué que les portes, pour être rigides, ne devraient pas être plates. L'idéal était de les faire convexes. Vu les contraintes de dimension (largeur égale à celle de la deuche), elles sont finalement concaves. M. Flaminio Bertoni aurait également inventé des portes concaves en espérant qu'elles réfléchissent le bruit comme un miroir.
M. Charreton voulut des optiques carrées. Pour des raisons d'économie, ils ont opté pour des rondes avec un enjoliveur carré. Le tableau de bord fut dessiné par M. Henry Dargent. Son dessin pour la Dyane est repris quasi inchangé pour l'Ami 8. Le dessin du tableau de bord n'évoluera que légèrement durant toute sa carrière : volant (deux puis une branche à partir de 1973) et compteur à chiffres pairs (0-120) puis impairs (0-130) et enfin pairs (0-140).
Il y a peu de doute sur l'origine du nom Dyane. Ce nom venait directement des archives Panhard, dont Citroën est maintenant à 100 % propriétaire. Panhard a déposé à côté des marques « Dyna », « Dynavia » et autres « Dynamic » aussi « Dyane ». Rien de plus facile pour Citroën d'utiliser cette marque déjà déposée par Panhard. M. Opron niait catégoriquement toute liaison avec Diane, la déesse romaine de la chasse.
La version camionnette est l'Acadiane. Sous cette version elle perd le Y sauf en Espagne où on l'appelle Dyane 400.
Lors de sa sortie en mai 1968, la Méhari sera présentée comme un modèle dérivée avec pour appellation exacte Dyane Méhari.