La Citroën CX, du nom de code « Type L » est une grande routière française, porte-drapeau de la marque Citroën de 1974 à 1989. Dans le cahier des charges de ce véhicule, il était précisé que le style devait rompre complètement avec celui de la DS. Aussi, bénéficiant d'un style réussi et des technologies de l'illustre mais éphémère SM, elle sut élargir sa clientèle au-delà de sa cible initiale (les fidèles de la DS), pour devenir un véritable succès : 1,2 millions d'exemplaires fabriqués (presque le triple de son successeur, la XM), et 150 000 exemplaires pour la seule année record de 1978. Malgré une concurrence de plus en plus vive à partir des années 1980 (Peugeot 505, Renault 25, voitures allemandes), elle fut encore produite une bonne dizaine d'années, avec quelques évolutions mineures.
Robert Opron avait tiré les lignes aérodynamiques de la CX d'un prototype du carrossier Pininfarina datant de la fin des années 1960. Il en résulta une rare réussite, qui n'était pourtant pas évidente : compte-tenu du mythe automobile auquel elle succédait, le risque était grand de faire de la CX un clone de DS. Mais cet écueil fut évité. Et c'est à ses lignes originales, fluides et homogènes que le modèle dut son nom de « CX » (en référence au coefficient mathématique).
Remplaçante de la DS, elle est « naturellement » dotée de la suspension hydropneumatique. Mais son moteur est placé transversalement et sa structure comporte un cadre d'essieu fixé à la caisse par l'intermédiaire de liaisons élastiques. Ses particularités les plus visibles sont la lunette arrière concave et l'essuie-glace avant unique avec un seul énorme balai. Elle est équipée sur les premières versions d'un tachymètre et compte-tours à tambour rotatif comme sur les GS et de commandes groupées en commodos dans un tableau de bord appelé lunule. Les principales critiques portent sur sa finition bâclée et sur une protection anti-corrosion inexistante jusqu'aux améliorations de 1981.
Elle fut d'abord proposée en deux modèles à essence (dérivés de ceux de la DS) : la CX 2000 avec un moteur de 1985 cm3, 11 CV, 102 ch, 174 km/h pour 25 785 FF et la CX 2200, 2175 cm3, 12 CV, 112 ch, 179 km/h pour 30 768 FF.
Les concurrents ayant réussi dans ce segment du marché ont adopté un cycle de nouvelle conception et d'amélioration substantielle tous les sept ans. En dépit du succès de la conception CX, il n'y avait aucun modèle nouveau et amélioré de « grande Citroën » à l'horizon à partir de 1981. Les ventes CX ont commencé à glisser et n'ont jamais repris.
La Citroën CX était très appréciée des PDG et des gouvernants pour son confort et son habitabilité (notamment sa version Prestige rallongée). Elle fut ainsi utilisée comme voiture officielle par les gouvernements français, mais aussi à l'étranger : elle était par exemple la voiture de fonction d'Erich Honecker, l'ancien chef d'État de la RDA. Jacques Chirac possédait un modèle « Prestige » qu'il appréciait beaucoup : c'est avec ce modèle qu'il parcourut les rues de Paris le soir de son élection à la présidence de la République, en 1995.